Le dessin scientifique se distingue de l’art naturaliste par son inscription dans un discours scientifique, l’image étant indissociable d’un texte. Depuis la Renaissance, il constitue un outil d’observation et de compréhension du vivant essentiel dans l’histoire naturelle. Il atteint son apogée lors des grandes expéditions scientifiques (campagne d’Égypte, XIXe siècle), où il permet de documenter, comparer et diffuser les connaissances.
Aujourd’hui, son rôle évolue dans un contexte de perte de sensibilité au vivant, en proposant une approche plus attentive et sensible fondée sur l’observation auprès du grand public. Dessiner participe ainsi à l’apprentissage du regard et à une reconnexion à l’expérience de la nature, comme en témoignent certains programmes de sciences participatives du MNHN.
Entre mars et avril 2026, huit ateliers de dessin scientifique ont été organisés à la station d’écologie forestière de Fontainebleau, à la Ménagerie du Jardin des Plantes et sur le campus des Grands Moulins, complétés par six sessions de pratique libre. Porté par le laboratoire ITODYS (Bernd Schöllhorn), le pôle culture de l’Université de Paris Cité (Christiane Fortassin, Hélène Tanguy) et l’artiste-scientifique Estelle Cruz, ces ateliers ont permis de démocratiser la pratique du dessin auprès des étudiant·es de l’université tout en valorisant des sites à forte biodiversité à Paris. Les participant·es ont été initié·es aux fondamentaux du dessin (proportions, volumes, couleur) à travers une observation prolongée sur le terrain. Près de 150 étudiant·es ont ainsi réalisé des planches d’étude thématiques, articulant dessin sur le vif et observation scientifique.
Une exposition des travaux des étudiant·es mettant en regard leur planches d’étude et des planches scientifiques des XVIII et XIX siècle aura lieu du 12 au 28 mai au Hall A des Grands Moulins, 5 rue Thomas Mann, Paris 13ème. Le vernissage aura lieu mardi 12 mai à 18H en présence de l’équipe pédagogique et étudiant·es.